Copyright: Sanofi-Synthelabo

Le syndrome de la classe économique

Le « syndrome de la classe économique » frappe les personnes condamnées à l'immobilité pendant les longues heures d'un voyage en avion. A l'approche des vacances, il est donc peut-être opportun de savoir quelles précautions prendre.

Si en langage scientifique, on parlera plutôt d'accidents thrombo-emboliques, on s'est mis à utiliser l'expression « syndrome de la classe économique » après avoir constaté que ce problème concernait plus particulièrement les usagers des classes économiques des vols « long courrier ». A l'origine, le fait que les compagnies aériennes réduisent l'intervalle entre les rangées des sièges dans cette partie de l'avion. On possède donc moins de place pour étendre ses jambes devant soi, et la position recroquevillée complique le retour veineux au niveau des membres inférieurs. Des caillots sont alors susceptibles de se former.

Uniquement l'avion ?

Non, cela pourrait aussi bien se produire en voiture ou en train, mais les risques sont tout de même plus élevés en avion parce que, en plus de l'immobilisation forcée, on se trouve fréquemment exposé à la déshydratation et à une mauvaise oxygénation des tissus, tout cela étant dû à un air conditionné très sec et appauvri en oxygène. En fait, c'est comme si l'on se retrouvait subitement à 2400 mètres d'altitude. Certains passagers le supportent moins bien que d'autres. Le sang peut effectivement perdre de sa fluidité et stagner anormalement dans certaines portions du réseau veineux. En général, les individus à risque sont les personnes âgées de plus de 40 ans, en particulier les femmes atteintes d'insuffisance veineuse. Mais l'accident peut concerner tout le monde.

Quels sont les risques réels ?

Le danger, c'est qu'un caillot se forme à l'intérieur de la veine. Autrement dit que le sang se fige. Cela provoque un effet de bouchon avec deux types de conséquences : la naissance d'une douleur, comme une crampe musculaire, souvent localisée au niveau du mollet, et la formation d'un œdème, c'est-à-dire un gonflement des tissus en amont du caillot. Mais les symptômes ne sont pas toujours aussi manifestes. Dans la moitié des cas, la thrombose passe même complètement inaperçue.

Pourquoi s'en faire alors ?

Ce que l'on redoute, c'est que le caillot s'étende et surtout qu'il ne se décroche des parois de la veine et ne soit emporté par la circulation. Il s'agit en effet d'un élément solide qui risque de produire des dégâts lors de son passage dans les poumons. Selon la taille, le caillot va obstruer la circulation sanguine sur une zone plus ou moins large et empêcher les échanges gazeux. C'est l'embolie pulmonaire ! Dans les cas les plus graves, la personne perd carrément connaissance. Chaque année, on recense ainsi des cas d'évanouissements et même des morts subites à la sortie de l'avion. Parfois même, le patient ignore ce qui se passe vraiment dans son organisme.

De quoi faut-il se méfier ?

Il faut consulter son médecin lorsque l'on ressent une douleur au niveau de la jambe ou du thorax dans les jours, voire dans les semaines qui suivent un voyage en avion. Celle-ci s'intensifie lorsqu'on force sa respiration. Parfois, cette pointe s'accompagne d'autres symptômes comme une sensation d'essoufflement. On se trouve épuisé après avoir monté une simple volée d'escaliers. Il arrive aussi que l'on crache du sang, que l'on soit sujet aux syncopes.

Quelles sont les personnes à risque ?

Celles qui ont déjà fait ce genre de phlébite dans le passé ou qui présente des anomalies de la coagulation. Le fait d'être porteur d'un cancer actif doit également être considéré comme facteur de risque car il y a une modification de tous ces facteurs de coagulation et donc un risque supérieur de faire des caillots. Les personnes qui ont subi récemment de grosses opérations doivent être prudentes. La pose d'une prothèse de hanche, par exemple.

Peut-on agir préventivement ?

Tout à fait. Quiconque prend l'avion doit faire attention à plusieurs petits détails. D'abord, il faut s'hydrater suffisamment. Il faut boire beaucoup d'eau avant et pendant le voyage et éviter l'alcool et l'abus de boissons diurétiques comme le café. Ensuite, on sera bien inspiré d'effectuer des petits mouvements de gymnastique avec les pieds et, à échéances régulières, faire quelques pas dans l'allée centrale pour activer la circulation. Enfin, les personnes à risque sont encouragées à porter des bas de contention qui empêchent précisément de gonflement des jambes. Dans les cas les plus préoccupants, certaines personnes sont invitées à suivre un traitement médicamenteux prescrit par le médecin.

De l'aspirine ?

Non, dans ce cas précis, on préfère utiliser de l'héparine. Il s'agit d'une substance d'origine animale qui empêche à la fois le caillot de se former. Auparavant, on prélevait cette substance dans les intestins porcins. Depuis peu, on parvient à synthétiser chimiquement une molécule équivalente à l'héparine, particulièrement efficace. Le traitement commence avant le départ et se poursuit pendant deux ou trois jours à raison d'une injection sous-cutanée par jour. Généralement dans le gras du ventre.